Maxime Grandchamp a écrit:
Le problème est plus complexe. Sur le web on peut mesure le retour alors que sur les autres médias c'est impossible
Il est donc très facile de dire "le web ne marche pas" alors que la question devrait plutôt se poser de la rentabilité des autres médias, puisqu'elle n'est pas mesurable.
Le Web marche, ce sont les
bannières qui ne marchent pas.
J'ai lu l'an dernier un article concernant ce thème, et il paraîtrait que la base de comparaison quant au
retour serait le publipostage (vente par correspondance), autour de 2%. Mais il est vrai que cette activité commerciale était plus populaire en Amérique du Nord qu'en Europe (ça débuta dans les années 70 au Québec), ce que vous mentionnez dans un de vos articles - qui sont très pertinents par ailleurs. Il faudrait que je retrouve l'article en question et vous le poste.. si ma mémoire est bonne, il s'appuyait sur des études d'IDC et GVU.
Le problème (IMHO)
Un bémol sur ce qui précède: les statistiques du marché nous montrent des taux typiques dans une fourchette de 1% à 3%, mais n'oublions pas que ces chiffres correspondent à des
ClickThrough, et ne donnent aucune indication sur les taux de conversion (discuté plus bas).
Il n'y a pas si longtemps, beaucoup d'agences de marketing Web calculaient la valeur de leur travail - la performance d'une campagne marketing via bannière Web - d'après le CTR (le taux
ClickThrough: nombre de personnes qui cliquent une bannière comparé au nombre de ceux qui la voient), et facturaient en conséquence (CPC). Idem pour les sites Web vendant des espaces pub, qui sont d'ailleurs les "précurseurs" de cette méthode. Ors bien des entreprises sont ressorties écoeurées de leur expérience Web, surtout en commerce électronique: d'importants budgets ont été investis sans que le rendement anticipé ne cogne à la porte.
L'erreur? Je crois qu'elle est due à la paresse d'une bonne vielle habitude, plutôt que de faire l'effort de garder pour cap un paradigme fondamental: mesurer la qualité, pas la quantité. Et ceci ne peut pas se mesurer sans le RSI de l'effort marketing global: les revenus sont-ils à la hauteur de l'effort investi, la campagne était-elle donc un succès.
Un analyste de Markewave avait lancé une campagne pour promouvoir un logiciel, via des pubs de type bannière (1980, sur gopher et par publipostage ciblé). La compagnie offrait gratuitement l'envoi d'une démo sur disquette. Énorme taux de réponse, donc succès, tapes sur l'épaule, bonification pour le directeur du projet marketing, etc. Mais après un suivi, ils se sont rendu compte que les gens étaient plus intéressés par la disquette gratuite (qu'ils pouvaient réutiliser) que par le produit lui-même! La campagne n'a rien fait pour augmenter les ventes, elle n'a fait qu'en augmneter les coûts.
Une solution réside dans le calcul du coût par
lead confirmé (pas seulement un click, mais aussi une session - déterminée selon le nombre de pages cible visitées, selon la durée de la visite, ou selon une action particulière de la part de l'internaute). Ceci permettra de calculer deux taux de conversion: le premier correspondant à ce qui qualifie le succès d'un lead et de l'effort marketing, le second correspondant à ce qui génère un revenu pour le commerçant. Par ailleurs, ceci dessine clairement une frontière avec la responsabilité de l'effort marketing d'une bannière (ou autre type de lead). Si le produit lui-même ne répond pas aux besoins et ne se vend pas, on sait qu'à tout le moins la bannière aura joué son rôle avec succès: amener plus de visiteurs et de clients potentiels sur le site.
[color=008000]On ne peut pas se mettre dans la peau d'un autre sauf en le tuant et en l'écorchant pour la lui prendre -- Boris Vian, Herbe Rouge[/color]