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Eric Cardonnel

Le grésillement du steak ou la justification de la pigeonade.

Note : 2 votes pour une moyenne de 5,00.
Bonjour,

il y a des phrases, qui au fil des ans, deviennent (parfois à tort ?) des vérités intangibles, des formules, des axiomes.
Bien sûr, le milieu du marketing Internet n'échappe pas à leur utilisation (c'est aussi son fond de commerce) :

- « L'or est dans la liste »,
- « Le contenu est roi »,
- etc.

Je me faisais une reflexion au sujet de l'une d'elle :
« Vous devez vendre le grésillement, pas le steak ».

Hors du cadre de la boucherie ou de la restauration, l'idée reste séduisante :
vendre, mettre en avant le bénéfice du produit pas le produit.

Comment ne pas être d'accord avec cette idée qui semble avoir fait ses preuves ?
Je ne suis pas d'accord
(enfin, pas tout à fait).

Pourquoi ? je vais vous le dire en 1 mot :

Pigeon.

« Vendre le grésillement, pas le steak » peut aussi vouloir dire ne pas vendre le steak ou vendre du steak de pigeon là ou le client voit du bœuf !

Il me semble que c'est une mauvaise idée d'enfler à outrance les bénéfices d'un produit ou d'un service inexistant ou peu efficient.
C'est d'ailleurs un moyen facile de repérer les bonimenteurs ou les escrocs, ils ont tendance à survendre (à outrance).

Qui cherche trouve et à absolument vouloir trouver des bénéfices l'on finit par les inventer.
Ne serait-il pas plus judicieux de travailler sur l'offre ?

J'ai vu des sites Internet très mal fait qui vendent parce qu'ils ont une offre qui tient la route.
Cela n'empêche pas d'ajouter un peu de "grésillement", mais ils ont d'abord une offre, une vraie.
Une offre que vous seriez idiot de refuser. C'est leur fond de commerce.

Vous reprendrez bien un peu de steak de pigeon ?
Ou vous préférez l'entrecôte du chef ? Elle est à moitié prix aujourd'hui et nous offrons le vin avec.

Amicalement,
Eric Cardonnel

www.global-net-concept.com

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Mis à jour 27/05/2010 à 10h22 par Eric Cardonnel

Catégories
marketing

Commentaires

  1. Bruno -
    Avatar de Bruno
    Bonjour Éric

    Je suis d'accord avec cette vision de la "commercialisation outrancière", mais j'aime bien aussi aller au bout de l'idée selon laquelle il doit y avoir adéquation entre le produit et sa cible. Bien souvent, c'est le client lui-même qui réclame le grésillement avant même le steak. Parce que c'est là dessus qu'il va asseoir sa réputation, son image, son appartenance à une quelconque tribu sociale. Le steak pourra être aussi bon que possible, il n'en sera jamais meilleur (à ses yeux comme aux yeux des autres) que si on l'entend grésiller, si on en sent l'odeur de loin.

    Je sais que c'est décevant et que ça brouille encore un peu plus le jeu du marketing raisonné, mais c'est un fait : les gens achètent souvent tout autant l'apparence du produit (celle qui lui est rattachée mais aussi celle que le produit confère à son acheteur) que le produit lui-même.

    Je pourrais développer à loisir sur cette notion, mais je ne vais pas polluer votre message avec ma prose envahissante. Je pense que je vais plutôt m'étaler dans un billet à part.

    En tout cas, je suis partant pour une entrecôte !

    Bruno
  2. Eric Cardonnel -
    Avatar de Eric Cardonnel
    Bonjour Bruno,

    le problème d'une commercialisation "outrancière" c'est qu'elle ne répond qu'à la question "Qu'est-ce qu'il y a pour moi là-dedans ?" que se pose un prospect avant d'acheter, mais, elle évacue tout à fait la question des fonctionnalités en ne mettant en avant que les bénéfices.

    C'est une vision qui ne peut fonctionner qu'à court terme.

    La majorité des clients achètent en suivant leur émotion et justifie ensuite par la logique leur acte d'achat. Et, justement, si le produit ne tient pas ses promesses le client sera déçu et ne renouvellera pas son acte d'achat ou demandera à être remboursé.

    Si l'on vent le grésillement, il faut aussi vendre le steak qui va avec.

    En tout cas, je suis partant pour une entrecôte !

    Moi aussi

    Amicalement,
    Eric
  3. Ptibuc -
    Avatar de Ptibuc
    Bonjour,

    A gonfler à outrance on en arrive à mentir (cf l'invention) ce qui n'est jamais bon, déception assurée derrière... Et à trop en faire ça a tendance à faire faux aussi.

    Reste qu'une offre bien faite ne vaux rien si elle n'est pas bien vendue, il faut un minimum de grésillement pour bien vendre une offre quelle que soit sa qualité. Même si une offre de qualité aura besoin de moins de grésillement, voire se vendra presque toute seule.

    N'oublions pas non plus la présentation du steack dans l'assiette, la vue joue aussi un rôle crucial dans le goût de l'aliment.

    Les frites sont offertes avec le steak ?
  4. Eric Cardonnel -
    Avatar de Eric Cardonnel
    Citation Envoyé par Ptibuc
    Les frites sont offertes avec le steak ?
    C'est là toute la question

    Si tu achètes un steak et qu'il n'est pas accompagné de frites, tu auras le sentiment de t'être fait avoir si l'on te dit ensuite que les frites sont en supplément alors que la "suggestion de présentation" te laisser voir des frites.

    Amicalement,
    Eric
  5. michael-m -
    Avatar de michael-m
    Bonjour,

    Ha oui il vaut même mieux dans ce cas là
    promettre uniquement le steack et juste le steack
    et "over deliver" les frites !!!

    under-promise & over-deliver
    comme disent nos amis anglophones.

    Amicalement,
    Michael


  6. Eric Cardonnel -
    Avatar de Eric Cardonnel
    C'est sûr qu'il vaut mieux plus que moins
  7. zensylvain -
    Avatar de zensylvain
    Bonsoir Eric,

    Très bon article, j'aime beaucoup l'image du steak et du grésillement (étant amateur de bonne viande de boeuf...)
    Par contre, pourquoi opposer les 2, on peut très bien manger de la très bonne viande après avoir bavé de longues
    minutes sur le grésillement. J'en ai eu encore l'exemple hier à midi!
    C'est un peu comme le fait d'opposer le design et la vente...Pourquoi pas les 2 ensemble?!
    J'ai vu des sites Internet très mal fait qui vendent parce qu'ils ont une offre qui tient la route.
    Bon un peu ça va avec ça maintenant, Dushan a déjà dit qu'il travaillait sur une nouvelle version de sa boîte à outil du
    marketing!

    Bonne soirée,
    Bien cordialement
    Sylvain

    PS: je plaisante hein, surtout que question design je suis mal placé pour vanner (c'est pour ça que je le fais d'ailleurs)
    par contre, je maintiens que sa boîte à outils est vraiment très intéressante à consulter...ouf!
  8. StephLen -
    Avatar de StephLen
    Bonsoir Eric,

    Merci pour ce billet intéressant. C’est
    Elmer Wheeler, l’un des premiers grands
    « guru » de la vente qui a fait grésiller
    les ventes avec son

    « vendez le grésillement, pas le steak ».

    Sa formule s’est universalisée. Vendre
    des bénéfices est à la vente ce qu’est
    l’essence à un moteur : indispensable !

    Clairement, tous les tests ont montré
    que les caractéristiques à elles seules
    ne vendaient pas.

    Et ce qui est intéressant, c’est
    qu’Elmer Wheeler, n’est pas un
    contemporain : c’était le Zig Ziglar de la
    grande dépression. Ce qu’il enseignait
    fonctionne aujourd’hui encore parce que la
    nature humaine n’a pas fondamentalement
    changé. Les gens veulent acheter des
    bénéfices. Pas autre chose…

    Je suis d’accord avec vous : vendre du
    steak de pigeon là où le client voit un
    steak de boeuf, c’est malhonnête. Autrement
    dit : tous les bénéfices doivent être
    réels. Pas de tromperie. Pas de mensonge.

    Et gonfler trop fort un bénéfice n’est
    pas non plus une bonne idée.

    C’est l’expérience qu’à faite un grand
    copywriter nommé Gary Bencivenga. Il avait
    testé plusieurs titres dans le marché des
    produits financiers. Il avait découvert
    qu’en sous-promettant, il était plus
    performant. Son titre

    « Devenez riche, lentement. »

    avait surperformé par rapport

    à « Devenez riche, rapidement ».

    Pourquoi ?

    Parce que le premier titre était
    beaucoup plus crédible !

    Stéph Len
  9. Eric Cardonnel -
    Avatar de Eric Cardonnel
    Merci Steph pour ces précisions.
    Dans « Devenez riche, lentement. » l'on entend aussi « surement ».
    « Rapidement » laisse à penser qu'on peut tout reperdre très vite.
    Bencivenga a vu juste.
  10. Kurio -
    Avatar de Kurio
    Bonjour Eric,

    J'ai bien apprécié cet article sympa, délicieusement cuisiné et qui met l'eau à la bouche.
    Dommage qu'il n'y ait qu'un seul billet de blog, un autre pour bientôt?

    Passez une agréable journée,

    Amical,
    Karim
  11. Eric Cardonnel -
    Avatar de Eric Cardonnel
    Merci Karim pour votre appréciation.
    Il y aune suite ici :
    http://www.global-net-concept.com/blog/?p=493

    Amicalement,
    Eric