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La crise...
Me fait marrer, ce mot.
Vive la manipulation médiatique. Franchement, est-ce que les caddies sont vides au passage en caisse ? Non. Est-ce que les gens renoncent à leurs vacances, leurs nouvelles voitures, leurs derniers iPhones, leurs dernières consoles de jeu ou leurs fringues de marques ? Non, certains de ces secteurs "superflus" ne se sont même jamais aussi bien portés.
Alors c'est quoi la crise ? Le fait que des gens soient au chômage et pas d'autres ? Ça a toujours été le cas, plus ou moins suivant les périodes, et en fonction des évolutions majeures de l'économie. En ce moment, on vit une révolution structurelle à l'échelle de ce que fut la Révolution Industrielle du XIXe siècle. Le plein emploi n'existe pas, sauf dans les modèles théoriques de certains économistes qui restent bien conscients de l'impossibilité pratique d'une telle configuration, laquelle équivaudrait à un société qui n'évoluerait plus. Comme toujours dans l'histoire, des secteurs débauchent et d'autres embauchent... mais ne trouvent pas assez de personnel afin de pourvoir tous les postes disponibles ! Le souci vient de l'inertie entre les temps nécessaires à la formation des "masses laborieuses" et l'évolution des techniques. En ce moment les techniques évoluent bien plus vite que le temps nécessaire à la formation des gens. Ce qui fait que lorsque les gens terminent leur formation, ils sont déjà à la ramasse au regard de ce que les entreprises attendent d'eux. Quand elles attendent encore quelque chose, et qu'elles n'ont pas déjà investi dans un autre secteur...
Sans compter que des pans entiers de l'économie deviennent obsolètes, renvoyant des dizaines de milliers de personnes dans leurs pénates, souvent sans aucune formation alternative leur permettant de rebondir. Si demain les techniques cessaient d'évoluer pour, disons 10 ans (ce qui est fondamentalement impossible), alors la société aurait le temps de s'adapter. Et le chômage serait réduit à sa portion congrue, la portion indispensable à une certaine mobilité du personnel et favorisant l'évolution de carrière des individus.
Bref, on n'est pas plus en crise qu'il y a dix ou vingt ans. On est même bien mieux lotis qu'à l'époque. Mais on a besoin de maintenir le peuple dans une incertitude chronique, une crainte permanente qui le paralyse et qui lui fasse juste espérer du pain et des jeux. Et c'est ce qu'on lui donne...
Après cette digression qui pourrait durer encore bien longtemps, je rejoins certains intervenants qui ont déjà dit que pour créer une entreprise, la pire manière de s'y prendre serait de dire : "Comment puis-je gagner des sous sur Internet, facilement, sans contrainte, sans investissement et sans délai." Derrière ce qui ressemble au titre d'un ebook à la mode, se dissimule une méconnaissance (voire une ignorance !) de ce que représente une activité professionnelle indépendante. Ne s'improvise pas "entrepreneur" qui veut ! C'est un état d'esprit, une capacité à se projeter dans l'avenir, une acceptation de certains sacrifices, la volonté de dépasser les clichés et surtout, surtout... une furieuse envie de bosser pour réussir.
Si vous cherchez un bon plan pour gagner beaucoup d'argent sans vous casser la tête, sans vous fatiguer, en attendant que ça tombe tout cuit, alors ne perdez pas de temps sur Internet... et allez cocher une grille de loto.
Bruno
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